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[Cavalcade des blogs] : Quand la peur s’en mêle


C’est une grande première pour moi ! Aujourd’hui, je participe à « La cavalcade des blogs »

Capture

Ce mois-ci, Astride du blog Eperdument Cheval , nous a proposé d’écrire autour du thème « Quand la peur s’en mêle »

Je pense qu’il nous ait déjà tous arrivés d’avoir peur : peur de faire quelque chose de mal, peur quand notre loulou ne va pas bien, quand on tombe,….
Autant vous dire que depuis le temps que je suis cavalière et propriétaire, j’aurai pu écrire un roman…

Malgré tout, seules les « grosses » peurs nous marquent pour longtemps.
J’ai eu une énorme peur en tant que propriétaire et une très grande en tant que cavalière.
La peur de perdre mes chevaux a bien entendu été la plus importante mais ces deux épisodes m’ont marqué et ont encore des conséquences aujourd’hui.

J’ai donc décidé de vous raconter ces deux passages pas très très marrants de on parcours équestre.

Ma peur de cavalière : la chute ! 

Il y a deux ans, je suis partie pour effectuer un semestre d’études à l’étranger. Autant vous dire que pendant ces 6 mois, je ne suis quasiment pas montée à cheval.

Janvier : retour en France. Avec Phéno, on reprend des cours et on se remet en condition tout doucement.

En Mai, je me sens prête pour reprendre un peu les concours. On reprend sur des épreuves plus petites que celles sur lesquelles on tournait avant de partir : tout va bien.  Tout doucement, on retourne sur nos hauteurs et ça se passe plutôt pas mal (on devait encore trouver des réglages mais ça allait).

Jusqu’au jour où…. 

Arrivée en concours : la première épreuve se passe bien. Une préparatoire. On est sans-faute et on sort de piste avec notre flot. La journée commence bien ! 

Puis, je fais la reconnaissance de ma deuxième épreuve de la journée. Un peu technique, je commence à stresser un peu mais rien d’insurmontable [et puis je stresse à chaque concours donc on a l’habitude]. 

La détente au paddock se passe bien. On entre en piste. Le numéro 1 c’est bon.
Le numéro 2 : ça passe.
Et le numéro 3 : ça ne passe pas du tout.
Mon Loulou met les freins brutalement et je devais être un peu en avant vu que je continue toute seule.

Et hop, le vol plané. 

Jusque là, ça nous ait déjà arrivé à toutes lors de nos séances d’apprentissage d’obstacles.

A terre, je me prépare donc pour la « marche de la honte » [tu sais cette marche où tu dois traverser toute la carrière devant les spectateurs avec ton cheval en main et affronter le regard désapprobateur de ton coach et celui déçu de tes parents qui se sont levés à 4h du matin un dimanche pour conduire ton cheval].

Bon allez, je n’ai rien de cassé, on se relève. Et là… Je pose mes mains à terre pour prendre appui et me relever et je vois du sang couler [mais pas du goutte à goutte hein… vraiment couler]

Bon vu que déjà, je ne supporte pas la vue de mon sang on est mal barré. Et là, je vois ma famille s’avancer vers moi (j’ai peut être mis plus de temps à me relever que je ne le pensais). Bref, je commence à marcher en tenant mon cheval d’une main et mon autre main sur ma tempe.

Le secouriste sur place me récupère, nettoie la plaie et me dit que là, il va falloir terminer la journée aux urgences. Bon, il en rajoute, je vais aller voir la plaie moi-même.

Et là c’est le drame…. J’enlève la compresse qui est déjà imbibée de sang et je vois la plaie. Ca pisse vraiment le sang et c’est moche.

Hop, mon chéri me conduit aux urgences et à l’accueil on me dit gentiment « Il y en a pour deux heures madame…. » EUh, comment dire que là ça ne va pas être possible ?

Finalement, les infirmières ayant vu la plaie,  je suis passée assez rapidement. Résultat : 7 points de suture juste à côté de l’oeil et une tête de boxeur ayant perdu son combat pendant une semaine. Côté sexy on repassera.

Après ça, il m’a fallu plusieurs mois avant de sauter de nouveau et quasiment un an avant de repartir en concours. 
Et encore maintenant, j’y pense encore.
Le matin du concours avant de partir, je ne peux pas m’empêcher de regarder cette cicatrice….

Ma peur de propriétaire

C’était il y a 4 ans, une jument que je sortais au paddock de temps en temps a commencé à avoir une démarche bizarre et ne mangeait plus. J’appelle ses propriétaires qui appellent le vétérinaire dans la soirée.

Le vétérinaire ne sait pas trop dire ce que c’est. Il pense à une infection type toxoplasmose. Il donne un traitement (je ne sais plus quoi exactement). On va voir la jument dans la nuit mais on ne reste pas avec elle pour qu’elle puisse se reposer.

Au matin, la jument est agonisante. Elle ne mange plus, ne peut plus se lever et souffre de troubles neurologiques. La décision est prise d’abréger ses souffrances.
Comment est-ce possible que cette jument qui allait bien il y a peu de temps ce soit retrouvé dans cet état ? Que s’est-il passé? 

Deux jours après, un autre cheval présente les mêmes symptômes. Et lui, aussi part en peu de temps. On commence donc une batterie de test sur ces chevaux pour comprendre.
Les résultats des tests arrivent et nous laissent sans voix. On est impuissant.

En effet, ces chevaux sont morts du botulisme. Une neurotoxine très virulente (classée dans la même catégorie que l’anthrax… imagine).

Comment ont-ils été contaminés ? 

La faute a pas de chance. En effet, l’agriculteur faisait à cette époque de l’enrubanné. Il a dû attraper un lapin porteur du virus en coupant le foin. Dans le plastique, le virus s’est développé.

Le truc, c’est que tous les chevaux des écuries en ont eu. Panique. 

Les premiers symptômes se manifestaient au niveau de la mobilité de la langue. Les chevaux n’arrivaient plus à manger correctement. Pendant cette période, il y avait tout le temps quelqu’un aux écuries qui surveillait que chaque cheval mangeait bien.
Autant vous dire qu’ils n’ont jamais eu autant de carottes/bonbons/…. 

Le seul traitement possible consistait à effectuer des renouvellements de plasma. Pas d’antibiotiques ou autre.

Plusieurs chevaux sont partis en clinique dès l’apparition des premiers symptômes. On priait pour que le changement de plasma soit suffisant pour eux. Certains ont totalement récupéré, d’autres ont gardé quelques séquelles mais peuvent vivre correctement.

Le bilan : 2 chevaux morts et 5 ou 6 envoyés en clinique.

J’ai eu ÉNORMÉMENT de chance. Aucun de mes trois loulous n’a été touché alors que leurs voisins direct de box sont eux partis en clinique. Je n’ai donc pas à me plaindre mais cette période a été la plus stressante que j’ai connu en tant que propriétaire.

Par contre, j’en sors quand même traumatisée et mes chevaux n’auront plus d’enrubanné (je suis au courant pour les valeurs nutritionnelles et la probabilité extrêmement faible que ça se reproduise mais je suis traumatisée. C’est tout).

 

Voilà quelles ont été mes plus grandes peurs … J’espère que tu ne les vivras jamais !

 

Et toi, quelle a été ta plus grande peur ?

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9 réflexions au sujet de « [Cavalcade des blogs] : Quand la peur s’en mêle »

  1. Bonjour Beautiful Horses et félicitations pour ta première cavalcade, qui me permet, comme autre participante, de découvrir ton blog que je ne connaissais pas encore.
    Ta frayeur en temps que propriétaire me laisse sans voix et je comprends donc très bien ta défiance vis-à-vis de l’enrubanné du coup. Tu as eu en effet énormément de chance et tant mieux!
    Quant à ta frayeurà l’obstacle… Ce serait vraiment top que tu puisses passer au-dessus de ton réflexe de « regarder ta cicatrice à chaque départ en concours » mais comme on dit… laisser le temps au temps.
    Courage. Et j’espère te lire encore!

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Horseshints. Je suis assez jeune dans la blogosphere équestre et j’ai découvert cet événement par hasard. Je compte bien y participer régulièrement. Il est vrai que cela permet de découvrir de nouveaux blogs , ce qui est toujours intéressant et enrichissant.
      Pour ma cicatrice, j’essaye vraiment de ne plus y penser mais comme elle est au niveau de l oeil des que je croise un miroir je la vois. C’est une espèce de mémento. .. Mais j’avance, aujourd’hui je suis retournée en concours là où la chute à eu lieu. Un peu d’appréhension mais tout s’est bien passé !! A bientôt j’espère

      Aimé par 1 personne

      1. Hi! Bravo pour le retour « sur les lieux »! Peut-être peux-tu « reprogrammer » ce que te dit cette marque de vie? Lui donner une signification toute neuve et toute personnelle qui ne soit pas un rappel de la peur et de la chute mais bien : des peintures de guerre ou autre? 🙂 Petite idée qui n’engage que moi bien sûr! 🙂 Bonne semaine équestre à toi!

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      2. Pour le moment, j’ai réussi à associer cette cicatrice à une espèce de rappel « reste à ta place ». Mais ce n’est pas forcément le top car ça me fait tout de même penser à ma chute… Je me dis que le temps guérit les blessures … Dans quelques temps, elle aura peut-être une nouvelle signification ou peut-être que j’arriverai à l’oublier…

        Aimé par 1 personne

  2. Wow ça doit faire tout drôle de voir sa tête avec une telle blessure. Je touche du bois, j’ai jamais eu de chutes graves, même si ça m’a fait tout drôle quand j’ai panaché avec ma jument ..

    Pour la deuxième partie, j’ai « vécu » ça. Je travaille avec un élevage.. Devant déménager j’ai ramené les poneys que j’avais à la maison .. La semaine suivante, j’apprends que plusieurs poneys sont en colique, certains de propriétaires envoyés en clinique, mais pas « ma » ponette.. elle m’annonce plus tard qu’elle aussi a développé les symptômes & qu’on ne pourra pas la sauver. Idem, une plante dans le foin qui une fois sèche a été mangé par les poneys. Un vrai coup dur, trois poulinières euthanasiées, un poney de proprio opéré, l’autre non & le feotus était indemne.

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    1. Oui c’est ça, on est impuissant, on peut rien faire juste subir.. Entre ses 6 mois & 1 an, elle avait eu tellement de galères, elle avait perdu la vue d’un oeil, une grosse blessure dû à un coup de pied, colique avec torsion .. on disait tout le temps « De toutes façons Adrénaline elle va vivre jusqu’à 40 ans elle a déjà tout eu » ..

      J’espère pouvoir continuer à écrire l’histoire en ayant son fils au travail à la maison quand il en aura l’âge, après avoir monté sa mère 🙂

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